Comme je l’avais promis il y a quelques temps, voici un petit fil sur les vautours en France, en Europe et même ailleurs. Comme vous avez malheureusement du le constater cet été si vous regarder les journaux télévisés ou si vous lisez certains journaux, les vautours sont maintenant accusés de causer des dommages dans les élevages dans les Pyrénées et ça se propage un peu ailleurs. Quand on connaît le mode de vie des vautours, leur histoire et leur situation actuelle dans nos contrées, on comprend vite à quel point ces accusations et tout ce qui tourne autour sont graves et témoignent encore une fois de notre incapacité à voir plus loin que le bout de notre nez.
Alors voilà j’ai présenté une petite conférence à ce sujet début février, car les vautours sont parmi les oiseaux que j’aime le plus. Seul problème, le joli diaporama qui synthétisait mes connaissances et mes recherches a disparu avec mon pc volé, j’avais bien une copie sur ma clé usb mais je vous laisse deviner ou elle était rangée… Bref il me reste encore mes connaissances et ma mémoire. Je vais donc vous raconter le mode de vie des vautours, leur histoire douloureuse avec l’homme, puis leur grand retour grâce à plusieurs projets de réintroduction et de conservation des populations restantes. Tout ceci permettra d’y voir plus clair sur les accusations dont sont victimes ces oiseaux actuellement.
Les vautours sont les plus grands rapaces du monde. Ils sont présents sur tous les continents, mais il faut noter qu’en Amérique, Les Condors et les Urubus que l’on appelle vautours n’en sont pas vraiment. En fait ils n’ont pas d’ancêtre commun avec nos vautours de l’ancien monde, alors s’ils se ressemblent c’est parce qu’ils ont évolué vers un même mode de vie (convergence évolutive). Ah oui au passage c’est pas Dieu qui a créé les espèces avec ses petits doigts, même si Georges Bush en est persuadé…
Les vautours sont caractérisés par une grande taille (en général) qui les rend dépendant des courants thermiques pour voler (Beaucoup d’espèces ne peuvent pratiquer le vol battu). Ils sont en général strictement charognards, et possèdent une vue perçante comme tous les rapaces. Le Condor des Andes est le plus grand des « vautours », avec une envergure qui atteint 3,40 chez les plus gros spécimens.
En Europe, et même en France, nous accueillons 4 espèces de vautours : Le Vautour fauve Gyps fulvus, le Vautour moine Aegypius monachus, le Vautour percnoptère Nephron percnopterus et enfin le fameux Gypaète barbu Gypaetus barbatus. Le Vautour fauve est de loin le plus abondant, ce qui est du vraisemblablement à son caractère très colonial qui regroupe de nombreux couples sur de petites zones géographiques.
Les vautours on chacun un mode de vie spécifique mais celui-ci se regroupe sur de nombreux point. Du coup je vais parler le la petite vie du Vautour fauve comme espèce type, et après j’évoquerai les spécificités des autres espèces. Le Vautour fauve est un oiseau qui vit en colonies, pouvant regrouper une 100ène de couples reproducteurs. Il passe la majeure partie de sa vie en falaise, pour la reproduction et pour se reposer. Quand il n’est pas en falaise il vole, afin de chercher à manger ou simplement pour son plaisir, ou il mange justement sur une grosse carcasse. Les vautours se nourrissent de cadavres de gros animaux. Ces carcasses sont repérées lors de vols interminables (un vautour peut parcourir plusieurs centaines de km par jour en jouant simplement avec les courants thermiques, donc sans effort). Un vautour serait capable d’identifier une carcasse de lièvre à 3 km de distance ! Autant dire que ça ne traîne pas. Une fois une carcasse repérée, plusieurs dizaines de vautours viennent longuement tourner autour, parfois plusieurs heures, avant d’oser se poser. Une fois au sol c’est la bagarre et la carcasse est entamée par les orifices naturels. En effet les fauves n’ont pas un bec très puissant et ont du mal à découper la peau. Les premières parties mangées sont donc les yeux, la langue et tout ce qui dépasse. Même si les vautours préfèrent la viande fraîche, ils ne crachent pas sur la viande bien faisandée et à moitié liquide avec des vers et tout, mais il parait qu’ils ne mangent pas ça avec beaucoup d’appétit quand même… Un oiseau peut ingurgiter jusqu’à 2 kg de viande en un seul repas, soit le quart de son poids ! Après l’envol devient difficile et la digestion est longue, mais ça lui permet de tenir presque une semaine sans manger.
Quelques photos prises au compact (100 mm). Pas très farouches les vautours, plutôt curieux même
Sur la 2ème on voit que le vautour à la tête marron. En fait elle est pleine de sang car il revient du charnier. Ils se nettoient la le cou et la tête en se frottant dans la végétation, car ils ont rarement de l'eau à disposition.
merci merci pour les images! pour les infos, je suis un grand passionné de rapaces donc pour l'instant rien de neuf, mais je relis tout quand même avec un vif intérêt merci encore pour dénoncer les gens qui dénigrent ces animaux sauvages magnifiques. je déteste ça. on fait le même procès au ours et au loup (qui sont des prédateurs actifs et non pas des charognards) et je trouve cela vraiment injustifié surtout quand on voit les arguments démago de ceux qui les font... je trouve bizarre que les éleveurs français (en partie du moins) vivants sur les territoires de ces animaux soient les seuls à ne pas se faire à leur présence... je suis en ce moment au canada et je connais des fils d'éleveurs qui me parlent qu'il vivent à côté des loups, des ours, des coyottes et autres animaux et la cohabitation se passe très bien. ailleurs en europe, cela se passe très bien aussi! nous, on a deux ours et trois loups (et encore pas au mêmes endroits) et c'est la guerre perpétuelle jusqu'à ce que de "gentils promeneurs" les abattent par mégarde... les superprédateurs (ours, loups,...) et les charognards (vautour,...) ont un rôle indispensables dans les chaînes alimentaires et dans la bonne marche d'un écosystème. ils sont aussi très utiles pour l'homme même si celui ne s'en rend pas compte (du moins pas tous). par exemple, les vautours, en débarassant les carcasses qui traînent dans la nature, empêche l'apparition et la prolifération de certains pathogènes pour l'homme en plus d'enlever le cadavre! l'homme est un animal, il fait partie de la nature et s'il ne s'en souvient pas, la nature le lui rappellera de façon de plus en plus claire dans les années et décennies à venir... je remercie encore JC pour ce topic qui donne une dimension pédagogique aux magnifiques photos de vautour qu'il nous montre et merci à nunda et à ces membres qui se battent pour la biodiversité en l'illustrant de magnifiques clichés!
D'accord avec tous. Tout ça est très intéressant (même si bien sûr tu prêches à déjà convaincus)
Un truc qui me fait toujours un peu sourire, c'est le dégoût des incultes gens mal informés pour les vautours, hyènes et autres chacals (encore qu'en ce qui concerne ces deux derniers, ils ne sont pas des charognards exclusifs)
Les aigles tant admirés de tous ne dédaignent pas une petite charogne de temps en temps...
c'est sûr! moi, ça ne me fait plus sourire, ça me met hors de moi et lorsque je lis certains commentaires, http://www.ladepeche.fr/article/2008/03/14/442215-(...) (lire les commentaires en bas) j'ai vraiment honte d'être un humain. comment peut-on penser (et écrire) ça? je ne sais pas. enfin bon, je suis content de pouvoir venir sur nunda qui est comme un petit "havre pour la biodiversité" et qui me rassure sur le fait que certains sont conscients de la situation grave dans laquelles nous sommes et qui essaye de faire quelque chose.
sinon, n'hésitez pas à mettre vos photos de vautours
En effet les commentaires, sauf le dernier heureusement, témoigne de la volonté de l'homme de se soucier uniquement de son propre bien être et de se débarrasser de tout ce qui le gène, sans se rendre compte que c'est en partie ce qui le gène qui lui permet de survivre sur cette planète. Le rôle sanitaire des vautours est en effet très important, j'y reviendrai plus tard.
La reproduction chez ces oiseaux les occupe presque toute l’année, environ 10 mois ! Ca commence en octobre avec les parades nuptiales, qui consistent en l’exécution d’un vol synchrone, un oiseau volant juste au dessus de l’autre, parfois avec les pattes pendantes, qui des fois même viennent toucher le dos du partenaire situé dessous. Malheureusement les photos manquent, j’ai que ça…
Il s’en suit la construction ou la restauration d’une aire en falaise, qui consiste simplement en l’accumulation que quelques brindilles. Ensuite vient l’accouplement en décembre, puis la ponte d’un œuf unique en janvier ou février. Celui-ci sera couvé pendant 50 jours et fera l’objet de toutes les attentions, car la prédation des œufs et des jeunes poussins, par les grands corbeaux en général, est la cause majeure de mortalité chez les vautours. Après l’éclosion, le petit poussin sera nourrit par régurgitation intensément durant 4 mois, ce qui va lui permettre de passer de 150 grammes à 7 kg ! Il va alors commencer a vouloir voler, mais n’osera pas, faut dire que se jeter dans le vide comme ça c’est pas facile, il n’a pas le droit à l’erreur le pauvre… alors du coup il va commencer à battre des ailes et à jouer avec le vent sur son aire, jusqu’à ce qu’il se déséquilibre et effectue de force son premier vol, souvent assez chaotique. Beaucoup de jeunes se retrouvent tout en bas de la falaise et remontent un peu à pied pour retenter leur chance, jusqu’à ce que ça marche. Un jeune gypaète barbu dans les Alpes une année a sauté trop tôt de son aire, avant que son plumage ne lui permette de voler, et du coup il s’est écrasé en bas. Courte vie…
Sur les photos (mes premières digiscopies!) toto vautour fauve avant de tomber...
Après son envol en juillet, le jeune vautour va rester dépendant de ses parents jusqu’à début septembre. Après, il commencera à maitriser le vol plané et mènera une vie erratique pendant 3 ans, avant d’atteindre l’âge de la reproduction et de se cantonner dans une colonie, souvent celle de sa naissance mais pas forcément. En effet, au cours de ses multiples voyages qui forment la jeunesse, il se peut qu’il visite une colonie qui lui plaise et il y restera alors peut-être toute sa vie. Beaucoup de jeunes vautours vont mourir d’épuisement durant cette phase, victime de leur manque d’expérience (du vol et de la prospection alimentaire). Alors pourquoi cette vie erratique ? Probablement pour assurer un brassage génétique des populations, ou pour découvrir de nouveaux sites potentiels pour la reproduction car les vautours peuvent s’éloigner à plus de 2000 km de leur lieu de naissance…et sans rejeter de CO2 dans l’atmosphère. Les spécialistes pensent que les vautours pour s’orienter utilisent une mémoire visuelle des paysages, mais ça on en est pas sur car ça n’a jamais été étudié.
Sur la photo c'est toto vautour fauve qui vient de se prendre un arbuste en falaise en plein vol, sous mes yeux. atterrissage en catastrophe pas très loin. Il a vraiment une tête de paumé non?
Au fait on reconnait le jeune à son plumage très foncé et à sa collerette rudimentaire et marron, alors qu'elle est fournie et blanche chez l'adulte (comparer avec la 1ere photo du fil).
Posté par Jean-Christophe Delattre le 03 avril 2008 à 13h49 ▲ Haut ▼ Bas
Comme je l’avais promis il y a quelques temps, voici un petit fil sur les vautours en France, en Europe et même ailleurs. Comme vous avez malheureusement du le constater cet été si vous regarder les journaux télévisés ou si vous lisez certains journaux, les vautours sont maintenant accusés de causer des dommages dans les élevages dans les Pyrénées et ça se propage un peu ailleurs. Quand on connaît le mode de vie des vautours, leur histoire et leur situation actuelle dans nos contrées, on comprend vite à quel point ces accusations et tout ce qui tourne autour sont graves et témoignent encore une fois de notre incapacité à voir plus loin que le bout de notre nez.
Alors voilà j’ai présenté une petite conférence à ce sujet début février, car les vautours sont parmi les oiseaux que j’aime le plus. Seul problème, le joli diaporama qui synthétisait mes connaissances et mes recherches a disparu avec mon pc volé, j’avais bien une copie sur ma clé usb mais je vous laisse deviner ou elle était rangée…
Bref il me reste encore mes connaissances et ma mémoire. Je vais donc vous raconter le mode de vie des vautours, leur histoire douloureuse avec l’homme, puis leur grand retour grâce à plusieurs projets de réintroduction et de conservation des populations restantes. Tout ceci permettra d’y voir plus clair sur les accusations dont sont victimes ces oiseaux actuellement.
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 03 avril 2008 à 13h51 ▲ Haut ▼ Bas
Les vautours sont les plus grands rapaces du monde. Ils sont présents sur tous les continents, mais il faut noter qu’en Amérique, Les Condors et les Urubus que l’on appelle vautours n’en sont pas vraiment. En fait ils n’ont pas d’ancêtre commun avec nos vautours de l’ancien monde, alors s’ils se ressemblent c’est parce qu’ils ont évolué vers un même mode de vie (convergence évolutive). Ah oui au passage c’est pas Dieu qui a créé les espèces avec ses petits doigts, même si Georges Bush en est persuadé…
Les vautours sont caractérisés par une grande taille (en général) qui les rend dépendant des courants thermiques pour voler (Beaucoup d’espèces ne peuvent pratiquer le vol battu). Ils sont en général strictement charognards, et possèdent une vue perçante comme tous les rapaces. Le Condor des Andes est le plus grand des « vautours », avec une envergure qui atteint 3,40 chez les plus gros spécimens.
En Europe, et même en France, nous accueillons 4 espèces de vautours : Le Vautour fauve Gyps fulvus, le Vautour moine Aegypius monachus, le Vautour percnoptère Nephron percnopterus et enfin le fameux Gypaète barbu Gypaetus barbatus. Le Vautour fauve est de loin le plus abondant, ce qui est du vraisemblablement à son caractère très colonial qui regroupe de nombreux couples sur de petites zones géographiques.
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Posté par Bernard BLESL le 03 avril 2008 à 14h04 ▲ Haut ▼ Bas
Merci Jean-Christophe, c'est très intéressant ! Si tu as encore des illustrations ou des liens vers des illustrations, je suis preneur !
Beau boulot et utile !
Amitiés
Bernard
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 03 avril 2008 à 14h10 ▲ Haut ▼ Bas
Une petite tof perso du Vautour fauve et du Vautour moine (j'ai po une grande collection...).
Pour voir des belles photos de Gypaète je vous conseille ces liens:
http://lumieresdesalpes.free.fr/Pages%20Internet/P(...)
http://danreiv.free.fr/photo/album/oiseaux/Gypaete(...)
Et pour le Percnoptère ceux-ci (oups!) :
http://www.beneluxnaturephoto.net/forumf/index.php(...)
http://www.beneluxnaturephoto.net/forumf/index.php(...)
N'hésitez pas à compléter!
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Posté par Cécile BH le 03 avril 2008 à 14h40 ▲ Haut ▼ Bas
Si elles sont toutes aussi belles que les deux postées ici, je comprends encore plus que tu aies les boules pour ton ordi
Bien sympa ce reportage et très instructif !
Amicalement,
Cécile
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Posté par Freefox Laxenaire thierry le 03 avril 2008 à 14h45 ▲ Haut ▼ Bas
Je plus oie C cil
Cela vaut tour et détour.
Merci M'sieur!
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 03 avril 2008 à 18h40 ▲ Haut ▼ Bas
Bon allez je continue un peu:
Le mode de vie des vautours
Les vautours on chacun un mode de vie spécifique mais celui-ci se regroupe sur de nombreux point. Du coup je vais parler le la petite vie du Vautour fauve comme espèce type, et après j’évoquerai les spécificités des autres espèces.
Le Vautour fauve est un oiseau qui vit en colonies, pouvant regrouper une 100ène de couples reproducteurs. Il passe la majeure partie de sa vie en falaise, pour la reproduction et pour se reposer. Quand il n’est pas en falaise il vole, afin de chercher à manger ou simplement pour son plaisir, ou il mange justement sur une grosse carcasse. Les vautours se nourrissent de cadavres de gros animaux. Ces carcasses sont repérées lors de vols interminables (un vautour peut parcourir plusieurs centaines de km par jour en jouant simplement avec les courants thermiques, donc sans effort). Un vautour serait capable d’identifier une carcasse de lièvre à 3 km de distance ! Autant dire que ça ne traîne pas. Une fois une carcasse repérée, plusieurs dizaines de vautours viennent longuement tourner autour, parfois plusieurs heures, avant d’oser se poser. Une fois au sol c’est la bagarre et la carcasse est entamée par les orifices naturels. En effet les fauves n’ont pas un bec très puissant et ont du mal à découper la peau. Les premières parties mangées sont donc les yeux, la langue et tout ce qui dépasse. Même si les vautours préfèrent la viande fraîche, ils ne crachent pas sur la viande bien faisandée et à moitié liquide avec des vers et tout, mais il parait qu’ils ne mangent pas ça avec beaucoup d’appétit quand même…
Un oiseau peut ingurgiter jusqu’à 2 kg de viande en un seul repas, soit le quart de son poids ! Après l’envol devient difficile et la digestion est longue, mais ça lui permet de tenir presque une semaine sans manger.
Quelques photos prises au compact (100 mm). Pas très farouches les vautours, plutôt curieux même
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 03 avril 2008 à 18h42 ▲ Haut ▼ Bas
Sur la 2ème on voit que le vautour à la tête marron. En fait elle est pleine de sang car il revient du charnier. Ils se nettoient la le cou et la tête en se frottant dans la végétation, car ils ont rarement de l'eau à disposition.
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Posté par Cécile BH le 03 avril 2008 à 18h45 ▲ Haut ▼ Bas
C'est cool toutes ses infos pour moi!
Vu que j'ai un nid à l'entrée de la maison , et que je bosse avec eux , j'en saurai bien plus sur mes nouveaux petits voisins.
Merci JC
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Posté par Matthieu AMALRIC le 03 avril 2008 à 20h01 ▲ Haut ▼ Bas
merci
merci pour les images! pour les infos, je suis un grand passionné de rapaces donc pour l'instant rien de neuf, mais je relis tout quand même avec un vif intérêt
merci encore pour dénoncer les gens qui dénigrent ces animaux sauvages magnifiques. je déteste ça. on fait le même procès au ours et au loup (qui sont des prédateurs actifs et non pas des charognards) et je trouve cela vraiment injustifié surtout quand on voit les arguments démago de ceux qui les font... je trouve bizarre que les éleveurs français (en partie du moins) vivants sur les territoires de ces animaux soient les seuls à ne pas se faire à leur présence...
je suis en ce moment au canada et je connais des fils d'éleveurs qui me parlent qu'il vivent à côté des loups, des ours, des coyottes et autres animaux et la cohabitation se passe très bien. ailleurs en europe, cela se passe très bien aussi! nous, on a deux ours et trois loups (et encore pas au mêmes endroits) et c'est la guerre perpétuelle jusqu'à ce que de "gentils promeneurs" les abattent par mégarde...
les superprédateurs (ours, loups,...) et les charognards (vautour,...) ont un rôle indispensables dans les chaînes alimentaires et dans la bonne marche d'un écosystème. ils sont aussi très utiles pour l'homme même si celui ne s'en rend pas compte (du moins pas tous). par exemple, les vautours, en débarassant les carcasses qui traînent dans la nature, empêche l'apparition et la prolifération de certains pathogènes pour l'homme en plus d'enlever le cadavre!
l'homme est un animal, il fait partie de la nature et s'il ne s'en souvient pas, la nature le lui rappellera de façon de plus en plus claire dans les années et décennies à venir...
je remercie encore JC pour ce topic qui donne une dimension pédagogique aux magnifiques photos de vautour qu'il nous montre et merci à nunda et à ces membres qui se battent pour la biodiversité en l'illustrant de magnifiques clichés!
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Posté par Catherine Lanneluc le 03 avril 2008 à 20h14 ▲ Haut ▼ Bas
D'accord avec tous. Tout ça est très intéressant (même si bien sûr tu prêches à déjà convaincus)
Un truc qui me fait toujours un peu sourire, c'est le dégoût des incultes gens mal informés pour les vautours, hyènes et autres chacals (encore qu'en ce qui concerne ces deux derniers, ils ne sont pas des charognards exclusifs)
Les aigles tant admirés de tous ne dédaignent pas une petite charogne de temps en temps...
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Posté par Matthieu AMALRIC le 03 avril 2008 à 20h33 ▲ Haut ▼ Bas
c'est sûr!
moi, ça ne me fait plus sourire, ça me met hors de moi et lorsque je lis certains commentaires,
http://www.ladepeche.fr/article/2008/03/14/442215-(...)
(lire les commentaires en bas)
j'ai vraiment honte d'être un humain. comment peut-on penser (et écrire) ça? je ne sais pas.
enfin bon, je suis content de pouvoir venir sur nunda qui est comme un petit "havre pour la biodiversité" et qui me rassure sur le fait que certains sont conscients de la situation grave dans laquelles nous sommes et qui essaye de faire quelque chose.
sinon, n'hésitez pas à mettre vos photos de vautours
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 10h09 ▲ Haut ▼ Bas
En effet les commentaires, sauf le dernier heureusement, témoigne de la volonté de l'homme de se soucier uniquement de son propre bien être et de se débarrasser de tout ce qui le gène, sans se rendre compte que c'est en partie ce qui le gène qui lui permet de survivre sur cette planète. Le rôle sanitaire des vautours est en effet très important, j'y reviendrai plus tard.
J.C.
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 10h10 ▲ Haut ▼ Bas
Au fait matthieu si tu connais très bien les rapaces et si tu penses qu'à un moment je dis une bétise n'hésites pas à le signaler.
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Posté par Matthieu AMALRIC le 04 avril 2008 à 11h22 ▲ Haut ▼ Bas
pas de problème
merci encore pour ce fil sur les vautours, j'attends maintenant vos clichés de ces magnifiques oiseaux
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Posté par Catherine Lanneluc le 04 avril 2008 à 15h59 ▲ Haut ▼ Bas
Il y en a déjà quelques uns là
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 18h22 ▲ Haut ▼ Bas
La suite avec la repro:
La reproduction chez ces oiseaux les occupe presque toute l’année, environ 10 mois ! Ca commence en octobre avec les parades nuptiales, qui consistent en l’exécution d’un vol synchrone, un oiseau volant juste au dessus de l’autre, parfois avec les pattes pendantes, qui des fois même viennent toucher le dos du partenaire situé dessous. Malheureusement les photos manquent, j’ai que ça…
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 18h27 ▲ Haut ▼ Bas
Il s’en suit la construction ou la restauration d’une aire en falaise, qui consiste simplement en l’accumulation que quelques brindilles. Ensuite vient l’accouplement en décembre, puis la ponte d’un œuf unique en janvier ou février. Celui-ci sera couvé pendant 50 jours et fera l’objet de toutes les attentions, car la prédation des œufs et des jeunes poussins, par les grands corbeaux en général, est la cause majeure de mortalité chez les vautours. Après l’éclosion, le petit poussin sera nourrit par régurgitation intensément durant 4 mois, ce qui va lui permettre de passer de 150 grammes à 7 kg ! Il va alors commencer a vouloir voler, mais n’osera pas, faut dire que se jeter dans le vide comme ça c’est pas facile, il n’a pas le droit à l’erreur le pauvre… alors du coup il va commencer à battre des ailes et à jouer avec le vent sur son aire, jusqu’à ce qu’il se déséquilibre et effectue de force son premier vol, souvent assez chaotique. Beaucoup de jeunes se retrouvent tout en bas de la falaise et remontent un peu à pied pour retenter leur chance, jusqu’à ce que ça marche. Un jeune gypaète barbu dans les Alpes une année a sauté trop tôt de son aire, avant que son plumage ne lui permette de voler, et du coup il s’est écrasé en bas. Courte vie…
Sur les photos (mes premières digiscopies!) toto vautour fauve avant de tomber...
Répondre Citer
Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 18h33 ▲ Haut ▼ Bas
Après son envol en juillet, le jeune vautour va rester dépendant de ses parents jusqu’à début septembre. Après, il commencera à maitriser le vol plané et mènera une vie erratique pendant 3 ans, avant d’atteindre l’âge de la reproduction et de se cantonner dans une colonie, souvent celle de sa naissance mais pas forcément. En effet, au cours de ses multiples voyages qui forment la jeunesse, il se peut qu’il visite une colonie qui lui plaise et il y restera alors peut-être toute sa vie. Beaucoup de jeunes vautours vont mourir d’épuisement durant cette phase, victime de leur manque d’expérience (du vol et de la prospection alimentaire). Alors pourquoi cette vie erratique ? Probablement pour assurer un brassage génétique des populations, ou pour découvrir de nouveaux sites potentiels pour la reproduction car les vautours peuvent s’éloigner à plus de 2000 km de leur lieu de naissance…et sans rejeter de CO2 dans l’atmosphère. Les spécialistes pensent que les vautours pour s’orienter utilisent une mémoire visuelle des paysages, mais ça on en est pas sur car ça n’a jamais été étudié.
Sur la photo c'est toto vautour fauve qui vient de se prendre un arbuste en falaise en plein vol, sous mes yeux. atterrissage en catastrophe pas très loin. Il a vraiment une tête de paumé non?
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Posté par Jean-Christophe Delattre le 04 avril 2008 à 18h34 ▲ Haut ▼ Bas
Au fait on reconnait le jeune à son plumage très foncé et à sa collerette rudimentaire et marron, alors qu'elle est fournie et blanche chez l'adulte (comparer avec la 1ere photo du fil).
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