Que diriez-vous d'un petit voyage dans le monde des amphibiens. Cela s'appelle une "explosive breeding" et ne dure qu'une nuit par an. La Montagne de Kaw, proche de Cayenne est un morceau de forêt primaire qui a servi de théâtre des opérations.
La première de la série est une grenouille qui se nomme "Allophryne ruthveni", seule représentante de sa famille, les Allophrynidae
Robe tigrée et sac vocal assorti… ««The must» !
Au moment de la reproduction, toute les stratégies sont bonnes pour attirer une belle et la pousser à se commettre. Mais généralement, la dame ne choisie pas le premier venu. Alors pour le grand soir, tous les atours sont de mise. Et cette Allophryne de Ruthvenn (Allophryne ruthveni) ne manque pas d'arguments pour séduire sa dulcinée.
Mais au-dela de l'apparence "physique" du mâle, c'est surtout l'ardeur au chant qui est susceptible de faire véritablement la différence entre plusieurs mâles qui se retrouvent en compétition pour attirer une même femelle. Et comme pour l'ensemble des grenouilles ou crapauds, cette vocalise se fait par l'entremise du gonflement d'un sac vocal situé dans leur gorge.
Là il s'agit d'un Crapaud cornu - Ceratophrys cornuta
Une tête à faire face à tous les dangers…
Oser dire que Monsieur a la grosse tête, sans même le connaître, ne serait pas forcément très sympathique. D'autant que là, sa physionomie est quelque peu modifiée car il est en pleine phase de chant pour attirer une femelle. Par contre, physiquement c'est un pléonasme que de dire qu'il n'est pas très avenant.
Ceratophrys cornuta est en effet doté d'une large tête ornée de deux appendices cutanés qui ressemble à des piquants ou des cornes, d'où son nom évident de Crapaud cornu. Bien que son allure ne soit pas des plus rassurantes, certains prédateurs tentent parfois d'en faire leur repas. Au lieu de prendre la fuite, ce crapaud fait face à l'ennemi et tente de le mordre. Pas froid aux yeux Monsieur cornu !
Une vrai rareté, sauf au moment de ces "Explosives" Il s'agit de Chiasmocleis shudikarensis
"Pour me voir, il faut savoir être patient ! "
Profitons bien de la vue de cette espèce dont les représentants sont réunis par centaines, voire par milliers. En effet, à toutes autres périodes de l'année, rares sont les observations de Chiasmocleis shudikarensis.
Petites grenouilles brunes, ces dernières sont très discrètes et elles sont pour ainsi dire quasiment impossibles à trouver en dehors de ces moments très particuliers que sont les "explosives breeding". En effet, tout au long de l'année, elles sont purement et simplement devenues invisibles à tout observateur. Cette grenouille a donc encore beaucoup de secrets à nous révéler sur sa biologie.
Et bien en fait, moi j'ai vu cette bestiole hallucinante surtout sur la montagne de Kaw…
Mais je pense qu'il est assez "commun" partout en Guyane, du moins en forêt primaire, bien que ce soit une espèce qui ne se rencontre pour ainsi dire qu'au moment de ces "partouzes grenouillesques" ( terme un peu "olé", employé par un bon ami spécialiste des amphibiens, mais qui résume bien l'ambiance générale).
Sur une mare, c'est seulement quelques couples qui sont présent alors que pour d'autres espèces (Dendropsophus minutus, ci-dessous ou Chiasmocleis shudikarensis, illustré au-dessus ça peut être des centaines, voire des milliers d'individus)
Le spectacle est absolument phénoménal et si l'on a la chance d'être là au bon moment, attention aux oreilles qu'il faut capuchonner car les décibels sont très haut (105 db, soit au-dessus du seuil supportable par l'humain)…
Pour continuer dans cette petite série, une autre rareté…
On ne se voit qu'une fois l'an…
Un couple de Rainette coriace (Trachycephalus coriaceus, anciennement nommée Phrynohyas coriacea) photographié lors d'un amplexus au moment d'une « Explosive breeding ». Contrairement aux Dendropsophus minutus et aux Chiasmocleis shudikarensis, qui viennent en masse lors de cet événement annuel, ce ne sont quelques dizaines d'individus qui se sont également invités à la soirée.
En dehors de leur mode de reproduction, on ne connaît pour ainsi dire rien de leur mode de vie car cette espèce, qui vit dans la litière forestière, est peu observée le reste de l'année tellement ses mœurs sont discrètes.
Le seconde étape, je n'y résiste pas… consistant à aller pondre dans l'eau. Deux autres espèces du même Genre ont choisie pour leur part de se spécialiser en tant qu'espèces arboricoles et utilisent un habitat en Canopée ; mais ça, c'est une autre histoire.
Transe, extase, fatigue extrême…
Difficile de mettre un terme sur l'expression de cette grenouille. Trachycephalus coriaceus semble ailleurs ! Mais son état ne serait-il pas simplement dû à l'accouplement ? Car aviez-vous repéré qu'un deuxième amphibien était présent ? Quatre membres postérieurs, trois yeux, des sacs vocaux en trop ! Oui, un mâle est bel et bien sur le dos de cette Rainette coriace, dissimulé derrière un chapelet d'oeufs qui viennent d'être rendus fertiles au moment de la ponte grâce à cette position d'Amplexus.
Et cette femelle n'est pas au bout de ses peines ! Il faut dire que pour certains amphibiens Guyanais, la période de reproduction ne dure qu'une nuit par an… Il faut donc en profiter : en plein "explosive breeding", ce n'est sûrement pas le premier ni le dernier mâle à vouloir s'accoupler !
Excellent tout ça! Je suis ce post très studieuse et même qu'en bonus les centaines de grenouilles qui sont en train de se reproduire dans mon jardin , m'offrent l'interactivité et le son pendant la lecture de tes photos et commentaires
Nous sommes le 31 décembre 2003. Plutôt que de se la jouer festif "in", la soirée de réveillon se passe en pleine forêt, dans un carbet (sorte de "maison", mais plus ou moins ouverte sur l'environnement extérieur).
La chance est avec nous car l'explosive breeding ne s'annonce guère autrement que par le vacarme que les chants des amphibiens provoquent (n'est-ce pas Cécile, si j'ai bien suivi ton message ?…).
Nous décidons de sortir et tombons sur le spectacle, mais cette année, il est assez peu "classique". La saison des pluies fait des siennes et parfois, le monde animal est chamboulé par les aléas climatiques(changements clim… / Stop - pas d'égarements polémiques totalement infertiles )
Bref, le cortège d'espèce est bien au rendez-vous, mais la pluie qui s'annonçait est belle et bien en retard… Sur l'une des mares, l'eau ne s'est pas suffisamment accumulée et c'est la grande crise pénurique (sait pas si ça se dit ça !). Bon enfin, y'a pas assez d'eau !
Le lendemain, en plein jour (chose assez exceptionnelle), les espèces sus-présentées Dendropsophus minutus / Chiasmocleis shudikarensis sont encore en place par milliers et n'ont eu d'autre solution que de se masser dans une minuscule dépression pour trouver où pondre dans un mince filet d'eau.
La "sélection" s'est faite "naturellement" entre d'un côté l'équipe au torse jaune, et de l'autre, les maillots marrons… (elles sont assez peu visibles sur l'image, se confondant avec la couleur de l'eau). Chacune des deux espèces s'appropriant une partie de l'espace.
Excellente l’accouplement des .. Trachycephalus coriaceus.........mais je ne peux m'empêcher d'être MDR!
............OUPS sorry ze sors
Fichtre, que de monde chez les « jaunes » ! Et dire que quand j’étais enfant, j’assistais à de tels rassemblements mais de gris-nouilles rousses dans les Vosges …………At last !
J'ai encore un peu de matière pour les grenouilles : J'ai parlé, un peu plus haut, des Grenouilles des cimes.
Je vous présente Trachycephalus hadroceps.
Un nid au sommet…
Il existe des grenouilles adaptées à la vie arboricole, et elles n'ont pas intérêt à souffir du vertige ! En effet, certaines espèces, telle la Rainette métronome (Trachycephalus hadroceps), se sont affranchies du milieu aquatique pour coloniser des milieux plus improbables, comme la cime des arbres. Des cavités dans le bois constituent des endroits parfaits pour se reproduire et y élever de jeunes têtards. Ces grenouilles trouvent refuge à une hauteur dépassant parfois les 40 mètres (ici, nous sommes en canopée à 36 mètres de haut !) et ne redescendent pour ainsi dire jamais au sol.
Il en va de la même adaptation pour sa proche cousine, la Rainette kunawalou (Trachycephalus resinifictrix) à venir un peu plus tard, mais qui trouve une autre forme de cavité à moindre hauteur. Ainsi, pas de concurrence !
Si l'on veut voir à quoi ressemble l'espèce, il suffit (*) de regarder dans la cavité
Au menu aujourd'hui : encore des œufs…
Elever des tétards à 40 mètres de hauteur, en canopée ne va pas sans poser de problème. Pour passer outre la difficulté de l'apport de nourriture, cette Rainette métronome (nom en lien avec la sonorité de son chant) a remédié au problème en trouvant un stratagème plus que surprenant : le développement des têtards est assuré par un apport en nourriture un peu particulier, composé exclusivement d'œufs infertiles.
Pour ce faire, la femelle Trachycephalus hadroceps (anciennement nommée Phrynohyas hadroceps) s'immerge dans l'eau avec les petits et ces derniers exercent des pressions sur son corps reproduisant le comportement du mâle pendant la position d'amplexus. Au bout d'un moment, la femelle, stimulée, finit par pondre ses œufs qui seront avalés goulûment par ses têtards affamés.
(*) (attention, ne pas se laisser abuser par le commentaire - c'est malheureusement pas si simple et cette image demande à être validée par le "comité d'éthique" de Nundafoto !!!)
Pour ce faire, la femelle Trachycephalus hadroceps (anciennement nommée Phrynohyas hadroceps) s'immerge dans l'eau avec les petits et ces derniers exercent des pressions sur son corps reproduisant le comportement du mâle pendant la position d'amplexus. Au bout d'un moment, la femelle, stimulée, finit par pondre ses œufs qui seront avalés goulûment par ses têtards affamés.
La nature a vraiment toutes les astuces quand il s'agit de perpétuer l'espèce. Merci pour ce partage, Philippe, aussi intéressant intellectuellement (on aura l'impression de se coucher moins bête) que visuellement.
De Philippe Macquet, le 08 août 2009 à 07h21
Que diriez-vous d'un petit voyage dans le monde des amphibiens. Cela s'appelle une "explosive breeding" et ne dure qu'une nuit par an. La Montagne de Kaw, proche de Cayenne est un morceau de forêt primaire qui a servi de théâtre des opérations.
La première de la série est une grenouille qui se nomme "Allophryne ruthveni", seule représentante de sa famille, les Allophrynidae
Robe tigrée et sac vocal assorti… ««The must» !
Au moment de la reproduction, toute les stratégies sont bonnes pour attirer une belle et la pousser à se commettre. Mais généralement, la dame ne choisie pas le premier venu. Alors pour le grand soir, tous les atours sont de mise. Et cette Allophryne de Ruthvenn (Allophryne ruthveni) ne manque pas d'arguments pour séduire sa dulcinée.
Mais au-dela de l'apparence "physique" du mâle, c'est surtout l'ardeur au chant qui est susceptible de faire véritablement la différence entre plusieurs mâles qui se retrouvent en compétition pour attirer une même femelle. Et comme pour l'ensemble des grenouilles ou crapauds, cette vocalise se fait par l'entremise du gonflement d'un sac vocal situé dans leur gorge.
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De Philippe Macquet, le 08 août 2009 à 08h14
Là il s'agit d'un Crapaud cornu - Ceratophrys cornuta
Une tête à faire face à tous les dangers…
Oser dire que Monsieur a la grosse tête, sans même le connaître, ne serait pas forcément très sympathique. D'autant que là, sa physionomie est quelque peu modifiée car il est en pleine phase de chant pour attirer une femelle. Par contre, physiquement c'est un pléonasme que de dire qu'il n'est pas très avenant.
Ceratophrys cornuta est en effet doté d'une large tête ornée de deux appendices cutanés qui ressemble à des piquants ou des cornes, d'où son nom évident de Crapaud cornu. Bien que son allure ne soit pas des plus rassurantes, certains prédateurs tentent parfois d'en faire leur repas. Au lieu de prendre la fuite, ce crapaud fait face à l'ennemi et tente de le mordre. Pas froid aux yeux Monsieur cornu !
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De Philippe Macquet, le 08 août 2009 à 08h18
Une vrai rareté, sauf au moment de ces "Explosives"
Il s'agit de Chiasmocleis shudikarensis
"Pour me voir, il faut savoir être patient ! "
Profitons bien de la vue de cette espèce dont les représentants sont réunis par centaines, voire par milliers. En effet, à toutes autres périodes de l'année, rares sont les observations de Chiasmocleis shudikarensis.
Petites grenouilles brunes, ces dernières sont très discrètes et elles sont pour ainsi dire quasiment impossibles à trouver en dehors de ces moments très particuliers que sont les "explosives breeding". En effet, tout au long de l'année, elles sont purement et simplement devenues invisibles à tout observateur. Cette grenouille a donc encore beaucoup de secrets à nous révéler sur sa biologie.
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De Freefox Laxenaire thierry, le 08 août 2009 à 09h45
Excellent ce reportage « grenouillesque ».
Je sens qu’avec toi nous allons en apprendre beaucoup sur le monde des batraciens.
Mince alors, j’aurais bien aimé le rencontrer ce monsieur crapaud cornu, j’aime bien sa trombine.
Le trouve t-on partout en Guyane Philippe ?
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De Philippe Macquet, le 08 août 2009 à 10h08
Bonjour Thierry et merci pour ce retour,
terme un peu "olé", employé par un bon ami spécialiste des amphibiens, mais qui résume bien l'ambiance générale).
Et bien en fait, moi j'ai vu cette bestiole hallucinante surtout sur la montagne de Kaw…
Mais je pense qu'il est assez "commun" partout en Guyane, du moins en forêt primaire, bien que ce soit une espèce qui ne se rencontre pour ainsi dire qu'au moment de ces "partouzes grenouillesques" (
Sur une mare, c'est seulement quelques couples qui sont présent alors que pour d'autres espèces (Dendropsophus minutus, ci-dessous ou Chiasmocleis shudikarensis, illustré au-dessus ça peut être des centaines, voire des milliers d'individus)
Le spectacle est absolument phénoménal et si l'on a la chance d'être là au bon moment, attention aux oreilles qu'il faut capuchonner car les décibels sont très haut (105 db, soit au-dessus du seuil supportable par l'humain)…
Pour ceux que ça intéresse, possibilité de voir un premier petit sujet vidéo sans prétention : http://macquetos.blogspot.com/2009/04/reproduction(...) (ça gène pas de poser un lien vidéo ???)
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De Philippe Macquet, le 10 août 2009 à 07h20
Pour continuer dans cette petite série, une autre rareté…
On ne se voit qu'une fois l'an…
Un couple de Rainette coriace (Trachycephalus coriaceus, anciennement nommée Phrynohyas coriacea) photographié lors d'un amplexus au moment d'une « Explosive breeding ». Contrairement aux Dendropsophus minutus et aux Chiasmocleis shudikarensis, qui viennent en masse lors de cet événement annuel, ce ne sont quelques dizaines d'individus qui se sont également invités à la soirée.
En dehors de leur mode de reproduction, on ne connaît pour ainsi dire rien de leur mode de vie car cette espèce, qui vit dans la litière forestière, est peu observée le reste de l'année tellement ses mœurs sont discrètes.
Répondre
De Philippe Macquet, le 10 août 2009 à 07h42
Le seconde étape, je n'y résiste pas… consistant à aller pondre dans l'eau. Deux autres espèces du même Genre ont choisie pour leur part de se spécialiser en tant qu'espèces arboricoles et utilisent un habitat en Canopée ; mais ça, c'est une autre histoire.
Transe, extase, fatigue extrême…
Difficile de mettre un terme sur l'expression de cette grenouille. Trachycephalus coriaceus semble ailleurs ! Mais son état ne serait-il pas simplement dû à l'accouplement ? Car aviez-vous repéré qu'un deuxième amphibien était présent ?
Quatre membres postérieurs, trois yeux, des sacs vocaux en trop ! Oui, un mâle est bel et bien sur le dos de cette Rainette coriace, dissimulé derrière un chapelet d'oeufs qui viennent d'être rendus fertiles au moment de la ponte grâce à cette position d'Amplexus.
Et cette femelle n'est pas au bout de ses peines ! Il faut dire que pour certains amphibiens Guyanais, la période de reproduction ne dure qu'une nuit par an… Il faut donc en profiter : en plein "explosive breeding", ce n'est sûrement pas le premier ni le dernier mâle à vouloir s'accoupler !
Répondre
De Cécile BH, le 10 août 2009 à 09h06
Excellent tout ça!
Je suis ce post très studieuse et même qu'en bonus les centaines de grenouilles qui sont en train de se reproduire dans mon jardin , m'offrent l'interactivité et le son pendant la lecture de tes photos et commentaires
Amicalement,
Cécile
Répondre
De Frédéric Pelsy, le 10 août 2009 à 09h14
C'est vraiment super toutes ces photos et ces commentaires : j'apprends plein de choses sur les amphibiens guyanais.
Merci !
Cordialement
Frédéric
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De Catherine Lanneluc, le 10 août 2009 à 15h59
Moi aussi, je suis ça de près
C'est passionnant, bien illustré, encore !!
Répondre
De Philippe Macquet, le 10 août 2009 à 16h30
Yo, ça continue avec grand plaisir…
/ Stop - pas d'égarements polémiques totalement infertiles
)
Nous sommes le 31 décembre 2003. Plutôt que de se la jouer festif "in", la soirée de réveillon se passe en pleine forêt, dans un carbet (sorte de "maison", mais plus ou moins ouverte sur l'environnement extérieur).
La chance est avec nous car l'explosive breeding ne s'annonce guère autrement que par le vacarme que les chants des amphibiens provoquent (n'est-ce pas Cécile, si j'ai bien suivi ton message ?…).
Nous décidons de sortir et tombons sur le spectacle, mais cette année, il est assez peu "classique". La saison des pluies fait des siennes et parfois, le monde animal est chamboulé par les aléas climatiques(changements clim…
Bref, le cortège d'espèce est bien au rendez-vous, mais la pluie qui s'annonçait est belle et bien en retard… Sur l'une des mares, l'eau ne s'est pas suffisamment accumulée et c'est la grande crise pénurique (sait pas si ça se dit ça !). Bon enfin, y'a pas assez d'eau !
Le lendemain, en plein jour (chose assez exceptionnelle), les espèces sus-présentées Dendropsophus minutus / Chiasmocleis shudikarensis sont encore en place par milliers et n'ont eu d'autre solution que de se masser dans une minuscule dépression pour trouver où pondre dans un mince filet d'eau.
La "sélection" s'est faite "naturellement" entre d'un côté l'équipe au torse jaune, et de l'autre, les maillots marrons… (elles sont assez peu visibles sur l'image, se confondant avec la couleur de l'eau). Chacune des deux espèces s'appropriant une partie de l'espace.
Répondre
De Freefox Laxenaire thierry, le 10 août 2009 à 16h51
Excellente l’accouplement des .. Trachycephalus coriaceus.........mais je ne peux m'empêcher d'être MDR!
............OUPS sorry ze sors
Fichtre, que de monde chez les « jaunes » !
Et dire que quand j’étais enfant, j’assistais à de tels rassemblements mais de gris-nouilles rousses dans les Vosges …………At last !
Répondre
De Cécile BH, le 10 août 2009 à 17h50
Wouah c'est dingue toutes ces mini grenouilles jaunes!!
)
(Ouais tu as bien compris...Sortez les quies ou monter le son de la télé à donf!
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De Freefox Laxenaire thierry, le 10 août 2009 à 20h15
Et dire qu'ils voulaient transformer la montagne de Kaw en une immense mine d'or! GLURPS
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De Philippe Macquet, le 11 août 2009 à 07h17
Bonjour,
J'ai encore un peu de matière pour les grenouilles : J'ai parlé, un peu plus haut, des Grenouilles des cimes.
Je vous présente Trachycephalus hadroceps.
Un nid au sommet…
Il existe des grenouilles adaptées à la vie arboricole, et elles n'ont pas intérêt à souffir du vertige ! En effet, certaines espèces, telle la Rainette métronome (Trachycephalus hadroceps), se sont affranchies du milieu aquatique pour coloniser des milieux plus improbables, comme la cime des arbres. Des cavités dans le bois constituent des endroits parfaits pour se reproduire et y élever de jeunes têtards. Ces grenouilles trouvent refuge à une hauteur dépassant parfois les 40 mètres (ici, nous sommes en canopée à 36 mètres de haut !) et ne redescendent pour ainsi dire jamais au sol.
Il en va de la même adaptation pour sa proche cousine, la Rainette kunawalou (Trachycephalus resinifictrix) à venir un peu plus tard, mais qui trouve une autre forme de cavité à moindre hauteur. Ainsi, pas de concurrence !
Répondre
De Philippe Macquet, le 11 août 2009 à 07h19
Si l'on veut voir à quoi ressemble l'espèce, il suffit (*) de regarder dans la cavité
Au menu aujourd'hui : encore des œufs…
Elever des tétards à 40 mètres de hauteur, en canopée ne va pas sans poser de problème. Pour passer outre la difficulté de l'apport de nourriture, cette Rainette métronome (nom en lien avec la sonorité de son chant) a remédié au problème en trouvant un stratagème plus que surprenant : le développement des têtards est assuré par un apport en nourriture un peu particulier, composé exclusivement d'œufs infertiles.
Pour ce faire, la femelle Trachycephalus hadroceps (anciennement nommée Phrynohyas hadroceps) s'immerge dans l'eau avec les petits et ces derniers exercent des pressions sur son corps reproduisant le comportement du mâle pendant la position d'amplexus. Au bout d'un moment, la femelle, stimulée, finit par pondre ses œufs qui seront avalés goulûment par ses têtards affamés.
(*) (attention, ne pas se laisser abuser par le commentaire - c'est malheureusement pas si simple et cette image demande à être validée par le "comité d'éthique" de Nundafoto !!!)
Répondre
De Vincent Limagne, le 11 août 2009 à 09h07
Ce fil est génial, bien illustré et pédagogique, bravo Philippe !
Vincent
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De Philippe Macquet, le 11 août 2009 à 09h11
hé, hé, hé
C'est un véritable plaisir de partager avec vous tous…
Répondre
De Catherine Lanneluc, le 11 août 2009 à 09h43
Comment as-tu fait ces photos ??
Répondre
De Bernard BLESL, le 11 août 2009 à 10h01
Amitiés à tous et bises aux autres
Bernard
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